Le marché immobilier togolais se concentre presque entièrement sur Lomé, où se trouvent la demande solvable, les emplois formels et les représentations diplomatiques. La location domine, l'achat restant réservé aux résidents de longue durée et aux investisseurs de la diaspora. L'offre va de la chambre en concession familiale à la villa avec piscine, avec un segment intermédiaire d'appartements et de maisons closes de murs qui correspond aux attentes des cadres et des familles étrangères.
Le quartier administratif, le bord de mer, Nyékonakpoè, Kodjoviakopé près de la frontière ghanéenne et Tokoin accueillent traditionnellement les résidences des étrangers. Les zones plus récentes d'Adidogomé, d'Agoè et de Baguida se développent vers le nord et vers l'est, avec des logements neufs et des prix plus abordables, au prix d'une distance accrue et d'une voirie parfois non revêtue.
Les loyers varient fortement selon le standing et l'emplacement. Une villa moderne équipée dans un quartier résidentiel de Lomé se situe dans une fourchette de plusieurs centaines de milliers de francs CFA par mois, tandis qu'un logement simple en périphérie reste très en dessous. Le franc CFA étant arrimé à l'euro à parité fixe, 655,957 francs pour un euro, la conversion ne réserve aucune surprise. Les charges d'électricité et d'eau s'ajoutent au loyer et l'installation d'un groupe électrogène ou d'un onduleur pèse sur le budget.
La pratique locale demande souvent le versement d'une avance de plusieurs mois de loyer, parfois 6 à 12, en plus de la caution. Cette exigence, courante dans la sous-région, représente le principal obstacle financier à l'installation. Le bail écrit et l'état des lieux contradictoire évitent les litiges au moment du départ. Le recours à une agence facilite les démarches mais s'accompagne d'une commission.
Le régime foncier combine le droit moderne, issu du code foncier et domanial adopté en 2018, et le droit coutumier, qui régit encore une grande partie des terres. Cette dualité produit des conflits de propriété fréquents, avec des ventes multiples d'une même parcelle. La vérification du titre auprès de l'administration foncière et le passage par un notaire constituent des étapes indispensables avant tout achat. Les étrangers peuvent acquérir des biens sous réserve des autorisations prévues par les textes.
La construction individuelle demeure le mode d'accession le plus répandu, souvent étalée sur plusieurs années au rythme des ressources disponibles. Le parpaing de ciment et la tôle dominent, le ciment étant produit localement à partir du clinker importé par le port de Lomé. Les programmes immobiliers groupés se développent, portés par des promoteurs privés et par des projets publics de logements sociaux.