Le Togo est régi par une Constitution promulguée le 6 mai 2024, qui fonde une cinquième République et substitue un régime parlementaire au régime présidentiel antérieur. Adoptée par l'Assemblée nationale sans consultation référendaire, cette révision a été contestée par les partis d'opposition et par une partie de la société civile, qui y voient un texte destiné à permettre au chef de l'Etat sortant de conserver le pouvoir exécutif. Les nouvelles institutions sont entrées en fonction le 3 mai 2025.
Le président de la République n'est plus élu au suffrage universel direct. Il est désigné par le Parlement pour un mandat de 4 ans, renouvelable une fois, et exerce des attributions essentiellement protocolaires de représentation et de garantie de la continuité de l'Etat. Jean-Lucien Savi de Tové, ancien ministre du Commerce et ancienne figure de l'opposition, a été élu à cette fonction et a pris ses fonctions le 3 mai 2025.
La fonction de président du Conseil des ministres, créée par la Constitution de 2024, concentre l'essentiel du pouvoir exécutif. Son titulaire est le chef du parti arrivé en tête aux élections législatives, il dirige le gouvernement et l'administration, et son mandat de 6 ans n'est assorti d'aucune limitation dans le nombre de renouvellements. Faure Gnassingbé, président de la République depuis 2005, a prêté serment dans cette fonction le 3 mai 2025.
Le Parlement comprend une Assemblée nationale de 113 députés élus au suffrage universel direct et un Sénat de 61 membres, dont 41 élus par les conseillers municipaux et régionaux et 20 nommés par le président de la République. Les législatives du 29 avril 2024 ont donné 108 sièges à l'Union pour la République, pour une participation de 61 %. Les premières sénatoriales, organisées le 15 février 2025, ont attribué 34 des 41 sièges en jeu à la même formation.
La Cour constitutionnelle contrôle la conformité des lois et proclame les résultats des scrutins. L'organisation judiciaire comprend une Cour suprême, des cours d'appel à Lomé et à Kara, des tribunaux de première instance et une Cour des comptes. Le droit des affaires relève des actes uniformes de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires, dont la Cour commune de justice et d'arbitrage siège à Abidjan.
La décentralisation, relancée avec les communales de 2019, confie la gestion locale à 117 communes dirigées par des conseils élus, tandis que les préfets représentent l'Etat dans les 39 préfectures. Des conseils régionaux ont été élus pour la première fois en avril 2024, en même temps que les députés, et forment le collège électoral des sénateurs.