Les arts plastiques togolais se sont structurés après l’indépendance autour de quelques figures formées en Europe, avant qu’une génération contemporaine ne s’impose dans les expositions internationales. La scène demeure très concentrée à Lomé.
Né le 15 janvier 1930 et mort à Lomé en 2010, Paul Ahyi domine le vingtième siècle artistique togolais. Formé à Dakar puis à l’École des beaux-arts de Paris, il pratique la sculpture monumentale, la peinture murale, la gravure, la céramique et la tapisserie. On lui doit le dessin du drapeau national et les reliefs du monument de l’Indépendance de Lomé. Ses œuvres se trouvent au Vatican, au Sénégal, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Nigeria et en Corée du Sud, et l’UNESCO l’a distingué comme artiste pour la paix.
Sokey Edorh travaille les pigments de terre, les matériaux de récupération et les traces laissées par les migrations, et ses œuvres ont été montrées jusqu’au Lehmbruck Museum de Duisbourg. Emmanuel Kavi, né en 1970, développe une peinture gestuelle nourrie de signes rituels. Jimi Hope, connu du grand public pour ses chansons, laissait derrière lui une production picturale abondante et une pratique de sculpteur assembleur. Dans un autre registre, Kossi Aguessy, né en 1977, s’est fait connaître comme designer industriel.
La rue togolaise offre un art public rarement exposé, celui des panneaux peints des coiffeurs, des garagistes et des pharmacies de quartier. Ces images à plat, aux aplats saturés et aux légendes bilingues, forment un répertoire visuel que plusieurs artistes contemporains citent ou détournent.
Le palais de Lomé, rouvert fin 2019, accueille des expositions temporaires d’art contemporain africain dans un parc de 10 hectares. Un musée consacré à Paul Ahyi conserve une partie de son fonds dans la capitale. Les centres culturels étrangers et quelques galeries privées complètent l’offre.
Le marché local reste étroit, ce qui conduit les artistes confirmés à vendre surtout hors du pays, en Europe et dans les capitales voisines. Les visiteurs trouvent à Lomé une production destinée au tourisme, toiles de sable ou scènes de marché répétées, très différente du travail des plasticiens de galerie. La distinction entre les deux circuits mérite d’être gardée à l’esprit avant tout achat.