La musique togolaise

La musique occupe une place centrale dans la vie sociale togolaise, des cérémonies villageoises aux maquis de Lomé. Le pays a donné à l’Afrique de l’Ouest quelques voix marquantes et reste un terrain d’expérimentation pour les musiques urbaines.

Répertoires rituels

Chaque aire culturelle possède ses ensembles de tambours et ses danses, liées à un moment précis de la vie collective. Le so rend hommage aux défunts qui ont dépassé 70 ans, le tchemou salue la troisième naissance survenue dans une famille, le habyé rassemble tous les 5 ans les guerriers kondana. Autour de Bassar, le tibole et le krounima accompagnent les grandes réunions. Ces répertoires se transmettent par imitation et par apprentissage direct auprès des batteurs confirmés.

Génération de Bella Bellow

Née en 1945 sous le nom de Georgette Nafiatou Adjoavi et disparue dans un accident de la route en 1973, Bella Bellow demeure la figure tutélaire de la chanson togolaise. Elle représente le pays au Festival mondial des arts nègres de Dakar en 1966, enregistre en 1969 l’album Rockia arrangé par Manu Dibango et laisse des titres toujours repris, parmi lesquels Blewu et Denyigban. Son portrait figure sur le billet de 10 000 francs CFA. Afia Mala, Fifi Rafiatou et Nimon Toki Lala prolongent cette veine.

Scène rock et voix solistes

Jimi Hope, né en 1956 et mort en 2019, a mené de front la peinture et une carrière de chanteur de rock rare sur le continent. King Mensah, lauréat du Festival Cora en 2000, mêle chants traditionnels du sud et arrangements modernes, et reste l’un des artistes togolais les plus programmés à l’étranger.

Musiques urbaines

Formé en 2005, le groupe Toofan a popularisé l’ogbragada puis le cool catché, deux concepts qui mêlent hip-hop et rythmiques africaines. Il signe les hymnes de la Coupe d’Afrique des nations en 2012 et en 2015, rejoint Universal Music France en 2017 et publie l’album Conquistadors en 2018. Autour de lui, une scène nombreuse pratique le rap, le coupé-décalé, le zouk, le soukouss, le reggae et le gospel, ce dernier bénéficiant du poids des Églises dans le pays.

Écoute sur place

Les maquis et les bars de Lomé diffusent surtout les productions du moment, tandis que les orchestres de danse traditionnelle se donnent à entendre lors des fêtes de terroir et des cérémonies familiales. Les radios privées, très nombreuses, restent le meilleur repère pour suivre l’actualité des sorties.