La littérature togolaise s’est construite en un peu plus d’un siècle, entre un fonds oral toujours vivant et une production écrite en français qui circule aujourd’hui dans les catalogues des éditeurs européens. Pour un lecteur qui découvre le pays, elle offre un accès direct aux tensions de son histoire récente.
Avant l’écrit, la transmission passait par les proverbes, les contes et les récits des chasseurs-poètes, que les anciens confiaient aux plus jeunes lors des veillées. Ce répertoire structure encore la langue quotidienne, où l’argumentation s’appuie volontiers sur une formule héritée. Plusieurs auteurs contemporains y puisent leurs rythmes et leurs images.
Félix Couchoro, né en 1900 et mort en 1968, compte parmi les tout premiers romanciers d’Afrique de l’Ouest francophone et publie une œuvre abondante, souvent en feuilleton. Les années 1950 marquent l’essor du livre togolais avec Le Fils du fétiche de David Ananou en 1955, la pièce Fasi d’Anoumou Pedro Santos en 1956 et les Poèmes et contes de l’Afrique de Paul Akakpo Typamm en 1958.
Les décennies qui suivent l’indépendance appartiennent à la scène. Sénouvo Agbota Zinsou fait jouer On joue la comédie en 1972 et impose un théâtre populaire nourri de conte et de satire. Le Concours théâtral interafricain sert alors de tremplin aux dramaturges de la région, et Kossi Efoui en remporte le Grand Prix en 1989.
L’exil et le voyage traversent une grande partie de la production récente. Tété-Michel Kpomassie raconte dans L’Africain du Groenland, paru en 1981, la trajectoire qui l’a mené de la côte togolaise jusqu’aux villages inuits. Kossi Efoui, Sami Tchak et Théo Ananissoh écrivent depuis l’Europe, tandis que Kangni Alem, distingué par le Grand Prix littéraire d’Afrique noire en 2003, enseigne et publie au pays.
Le tissu éditorial local reste modeste et une part importante des titres paraît à Paris, ce qui pèse sur la circulation des livres au Togo même. Le théâtre conserve toutefois une audience réelle, entretenue depuis 1993 par le Festival de théâtre de la fraternité, qui rassemble troupes togolaises et compagnies invitées. Les librairies de Lomé et les bibliothèques des centres culturels constituent les points d’accès les plus commodes pour qui souhaite lire sur place.