L’artisanat togolais fait vivre une part importante de la population active et couvre presque tous les matériaux, du fil de coton au verre recyclé. Les ateliers restent le plus souvent familiaux, adossés à une cour ou installés au bord de la route.
Le tissage se pratique sur métier à bandes étroites, ensuite cousues bord à bord pour former un pagne aux motifs géométriques, technique commune à l’aire éwé et akan. À côté de ce textile traditionnel, le pagne imprimé occupe une place économique majeure et se vend au Grand Marché de Lomé, dont le premier étage fut longtemps le domaine des Nana Benz. Les ateliers de batik et de teinture, nombreux dans la région des Plateaux autour de Kpalimé, travaillent à la cire et à la réserve.
Masques, statuettes, tabourets et portes sculptées sortent d’ateliers concentrés dans le sud et la zone forestière. Le travail porte sur des bois locaux, souvent le teck ou l’iroko, et associe la sculpture à la pyrogravure. Une production destinée aux visiteurs coexiste avec des pièces rituelles qui ne quittent pas leur contexte d’usage.
La poterie modelée à la main, cuite en meule à l’air libre, fournit jarres à eau, canaris et braseros encore utilisés au quotidien, et les femmes en détiennent presque partout le savoir-faire. La vannerie tire du raphia et des tiges de graminées des nattes, des paniers et des chapeaux. La céramique tournée reste plus récente et plus urbaine.
Les forgerons produisent outils agricoles, cloches et objets de culte, tandis qu’une bijouterie de bronze coulé à la cire perdue perpétue une technique ancienne de la région. Le cuir donne sandales, sacs et fourreaux, surtout dans le nord. Le verre recyclé, pilé puis fondu, alimente une production de perles colorées que l’on retrouve en colliers et en ceintures.
Le Grand Marché de Lomé, le village artisanal de la capitale et les marchés hebdomadaires de l’intérieur constituent les principaux points de vente. Le marché aux fétiches d’Akodessewa, à 8 kilomètres à l’est du centre de Lomé, répond à une autre logique et fournit en objets rituels les prêtres du vodou. Les prix se négocient partout et l’écart entre le premier prix annoncé et le prix conclu reste sensible. L’exportation de certaines pièces anciennes ou de matériaux d’origine animale demande une autorisation.