L'architecture togolaise

L’architecture togolaise juxtapose des habitats de terre hérités de traditions anciennes, un patrimoine colonial allemand puis français bien conservé sur le littoral et une capitale en croissance rapide. Ce contraste se lit en quelques heures de route entre Lomé et le nord-est du pays.

Terre crue du Koutammakou

Au nord-est, le Koutammakou couvre environ 50 000 hectares dans une zone semi-montagneuse qui se prolonge au Bénin. Les Batammariba, dont le nom signifie ceux qui façonnent la terre, y élèvent les takienta, maisons-tours en terre crue dotées de tourelles, de greniers et d’une terrasse. Le versant togolais en comptait environ 1 800 en 2018, un nombre qui décroît sous l’effet des constructions en parpaing. Le site figure au patrimoine mondial de l’UNESCO et son périmètre a été étendu en 2023 aux villages béninois voisins.

Empreinte allemande

Bâti entre 1898 et 1905 face à l’océan, le palais de Lomé reste l’édifice colonial allemand le plus imposant du pays. L’ingénieur Furtkamp et l’architecte Ernst Schmidt y déploient 40 et un mètres de façade, 28 pièces sur deux niveaux et deux tours de 18 mètres. Siège de la présidence de 1960 à 1970, longtemps laissé à l’abandon, il a rouvert fin 2019 en centre d’art doublé d’un parc botanique de 10 hectares. La cathédrale du Sacré-Cœur, achevée en 1904, illustre pour sa part le néogothique allemand.

Maisons afro-brésiliennes

Sur la côte, à Lomé comme à Aného, subsistent des demeures à étage construites par des familles revenues du Brésil au 10-neuvième siècle. Stucs, frontons et galeries y transposent un baroque portugais adouci, tandis que l’influence ghanéenne voisine a introduit un néoclassicisme d’inspiration anglaise.

Habitat rural

Dans une grande partie du pays, l’unité de base reste la concession, un ensemble de cases rondes ou rectangulaires organisées autour d’une cour et reliées par des murets. Les matériaux viennent du site même, terre battue, bois, paille de savane, même si la tôle ondulée remplace peu à peu les toitures végétales.

Lomé contemporaine

La capitale, qui rassemblait plus de deux millions 124 000 habitants au recensement de 2023, s’étend en quartiers bas de maisons à cour. L’hôtel du 2 Février, tour de béton et de verre de 102 mètres répartis sur 36 étages, demeure le plus haut immeuble du Togo. Le monument de l’Indépendance, conçu par Paul Ahyi, ferme la perspective au nord du centre-ville.